Un modèle prédictif maya
Étude de l'utilisation des Systèmes d'Information Géographique dans le cadre d'un projet archéologique multi-échelles
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D. Analyse finale de la population de la zone étudiée

1. Étude de la densité et de la population

En appliquant la méthodologie précédemment expliquée, une nouvelle population est obtenue pour la zone d'étude. Celle-ci ne varie que très peu, et cette différence n'est pas réellement quantifiable puisque la superficie globale change elle aussi du fait des passages de polygones à images raster.

Totalité de la zone d'étude
ClasseUROSuperficie (km2)PopulationDensité% population% de la zone
10484.6748000%38%
25 403243.028030 255124.4917%19%
31 75376.29249 818128.75%6%
47 643224.916842 800190.2923%18%
517 808255.544899 727390.2555%20%
Total32 6071 284.4568182 600142.16100%100%
Table 7 : population finale de la zone d'étude

Il apparaît que la densité de la seconde classe est celle qui est la plus changée : les unités résidentielles de cette zone de faible attractivité sont en effet concentrées à la périphérie des zones de meilleure qualité.

La densité moyenne de 142 hab./km² de la zone d'étude est qualifiée de dense (Boserup 1983)⁠. Elle s'apparente d'après la même source à celles rencontrées en Inde, Pakistan et Bangladesh en 1975. À titre de comparaison avec un pays moderne, notre zone d'étude d'une superficie deux fois moindre que celle du Luxembourg a une densité qui s'en approche (183 hab./km²) (Wikipedia 2009c)⁠.

Cette densité peut paraître élevée, mais est similaire à des valeurs de 150 – 200 hab./km² avancées par Culbert par exemple (cité dans Lutz et al. 2000)⁠.Des chiffres plus importants encore sont donnés dans certaines régions (280 hab./km² dans la région du Rio Bec), avec notamment l'argument que certaines techniques d'agriculture telles que l'utilisation de terrasses permettaient de subvenir aux besoins d'une telle population (Fischbeck 2004)⁠.

Au niveau de la zone étudiée, 78% des Mayas habitent une zone couvrant 38% du territoire, et à l'opposé 38% de celui-ci est inhabité, ce qui laisse une importante zone disponible pour la forêt et d'éventuelles cultures. La population élevée de 182 600 habitants peut être comparée avec la population actuelle du district de Cayo qui inclut la zone d'étude, et était de 53 715 personnes en 2000 (Wikipedia 2009a)⁠, soit une densité moyenne de 10,52 hab./km².

Une mise en relation des classes de densité avec des cartes de recommandations actuelles fait également apparaître des différences importantes : les sols privilégiés par les Mayas ne correspondent pas à ceux plébiscités dans le présent. La différence provient notamment en grande partie de la mécanisation et de l'extensibilité de l'agriculture : il est évident qu'un jardin forestier ne demande pas le même genre d'environnement que des champs exploités avec des tracteurs.

Une classification mécanique des sols telle que celle fournie en Illustration 22 (Jenkin et al. 1976)⁠ fait ainsi apparaître que de grandes zones non utilisées par les Mayas sont en fait considérées comme intéressantes dans le cadre d'une agriculture mécanisée. La classe 1 correspond aux zones considérées fertiles avec peu ou pas de restrictions à une agriculture mécanisée, et la classe 4 correspond au contraire à des sols non propices à l'agriculture... alors que ces derniers correspondent aux zones privilégiées par les Mayas ! En prenant en compte le fait que le système maya soutenait une population bien plus importante, la pertinence de la classification et des techniques modernes est réellement discutable.

Illustration 22: classification mécanique des sols
Illustration 23: classification manuelle des sols
Illustration 24: carte des probabilités
Illustration 25: vue aérienne

En revanche, une classification de la qualité des sols pour une agriculture manuelle effectuée dans le passé (Fedick 1988)⁠ apparaît au contraire plus proche du résultat du modèle prédictif (dans toutes ces cartes, les sols sont classés du rouge au vert par qualité décroissante).

L'analyse d'une photographie aérienne issue de GoogleEarth (reproduite en grande taille en Annexe 23) sur laquelle est appliquée un masque couvrant les zones occupées du modèle fait clairement ressortir l'utilisation actuelle des sols. Il apparaît ainsi qu'une grande partie de la classe 1 de densité nulle pour les Mayas du fait de la pauvre qualité en terme de drainage et de fertilité est actuellement utilisée pour des champs, des pâturages, ou des habitations (zone de Spanish Lookout).

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